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AFP
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TENNIS
Chez les McEnroe, on demande le frère

Moins médiatique que son aîné John, Patrick McEnroe n'a pas pour autant raté sa carrière. Il dirige aujourd'hui l'équipe américaine de Coupe Davis et vient d'être nommé superviseur de l'élite tennistique américaine.

Sur une photo de groupe publiée en 1971 dans le magazine Tennis USA, on voit John McEnroe, qui est à l'époque, selon la légende, le septième joueur de 12 ans du pays et, à droite, "son petit frère Patrick, 5 ans." "C'était déjà mon petit frère à cette époque", confie John avec une touche d'étonnement à la pensée de l'ampleur que cette qualification allait prendre par la suite. Pour le meilleur ou pour le pire, Patrick a travaillé dans l'ombre illustre de son frère John, sept fois vainqueur d'un tournoi du grand chelem et personnalité du circuit sans égale ou presque. "A partir du collège, les gens se sont davantage intéressés à Patrick parce qu'il était le frère de John", confie John McEnroe senior, leur père. "C'est une situation qu'il a toujours dû gérer. Je pense qu'il s'en est très bien tiré."

Avec ses dons pour la politique d'arrière-salle et sa pédagogie sur le cours, sans parler de sa patience, de sa force de travail et de sa persévérance, Patrick McEnroe, 41 ans, s'est creusé une niche remarquable pendant ses sept années à la tête de l'équipe américaine de Coupe Davis. Son frère aîné (qui, en tant que joueur, a remporté la compétition cinq fois) avait, en 2000, passé une année orageuse. Celle-ci s'était terminée par une défaite 5 à 0 face à l'Espagne en demi-finale parce qu'il n'avait pas pu persuader les meilleurs joueurs de venir. Une situation que n'a pas connue Patrick. Dick Gould, l'entraîneur de Stanford, qui a pris sa retraite en 2004 avec 17 titres de champion universitaire à son actif, se souvient de lui, comme d'un bon élève. Il "a développé son propre style et n'a pas essayé d'imiter John". Il a toujours été un gaucher créatif qui fonçait au filet. "L'équipe a vraiment du respect pour lui. Les gars écoutent ce qu'il dit. Il a été l'un de ces gamins comme on en voit qu'un de temps en temps, le genre de jeune qu'on voudrait présenter à sa fille", ajoute-t-il.

Un mélange de réalisme et de discipline d'équipe

"Je suppose qu'il ne me connaît pas très bien", confie Patrick McEnroe quand on lui rapporte ces propos. Voilà qui illustre bien l'esprit vif teinté d'autodérision qu'il manifeste devant la caméra et en coulisse. Il en avait donné un exemple en 1991 quand il s'était à la surprise générale retrouvé en demi-finale de l'Open d'Australie avec Stefan Edberg, Boris Becker et Ivan Lendl. Il avait alors déclaré à une salle bourrée de journalistes : "C'est bien ce que vous attendiez tous – Becker, Edberg, Lendl et McEnroe." "J'ai beaucoup appris de Dick Gould", confie-t-il. Ce qu'il retient surtout de son passage à l'université, c'est que Gould "traitait tous les joueurs de façon juste mais pas de la même manière." "Il s'agit de communiquer avec chaque joueur individuellement, tout en posant des règles de base pour la notion d'équipe", ajoute-t-il.

Son nom lui a parfois valu des moments de malaise aussi. Quand il a rejoint le circuit professionnel, il a été invité à de petits tournois où il suscitait un gros intérêt de la part des médias. Patrick McEnroe a utilisé cette célébrité comme un élément de sa vie et non comme une béquille. "Ça m'a aidé professionnellement pour ma carrière télé et pour la Coupe Davis", explique-t-il. Il fait entre autres des apparitions dans des émissions comme Pardon the Interruption et First Take sur la chaîne de sports ESPN. "J'étais repéré à cause de mon nom. Je crois que par mon travail et ma philosophie, j'ai montré que je méritais d'être à la place que j'occupe." Patrick McEnroe a eu de nombreuses casquettes, mais il restera peut-être dans les mémoires pour avoir créé un esprit de corps sans égal dans l'histoire de la Coupe Davis.

Sa personnalité décontractée mais ferme convient tout simplement mieux à ce poste que celle de son frère John, confie leur père. "John est du genre à foncer sur le joueur, lui arracher la raquette des mains et lui dire : 'Regarde, c'est comme ça qu'il faut faire.' Son expérience à la tête de l'équipe des Etats-Unis a été très frustrante pour lui", renchérit McEnroe senior. Son benjamin a en revanche su sublimer à merveille son ego et laisser les joueurs se mettre sur le devant de la scène. Il fonctionne avec un mélange de réalisme et de discipline d'équipe.

Douglas Robson,
USA Today

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